Publié le 21 février 2012
Bénéficiant, légalement, de l'autonomie administrative, financière et pédagogique, au sein des Universités qui sont elles-mêmes des établissements publics autonomes par rapport à l'Etat, les IPAG - dont celui de Paris - se voient reconnaître, à la fois, une mission de formation et de recherche (code de l'éducation, art. L. 713-9, al. 3), selon la cohérence qui caractérise l'enseignement supérieur
En termes de formation, ils « contribuent à l'information, l'orientation, la formation et la préparation des candidats aux concours d'accès aux corps de catégorie A de la fonction publique de l'Etat ainsi qu'à la formation générale initiale et continue des agents de l'Etat » (décret du 22 mars 1985, art. 2, al. 1er). Mais, cette mission globale et diversifiée de formation s'étend aussi, réglementairement, à la fonction publique territoriale et, statutairement, à la fonction publique hospitalière.
C'est ainsi que l'IPAG de Paris met en œuvre, chaque année universitaire, la licence en droit - mention administration publique (LAP) et qu'il organise plusieurs préparations aux concours de la fonction publique de catégorie A ou B : deux préparations générales, l'une aux concours externes (PGCE) et l'autre aux concours internes (PGCI), ainsi que pas moins de cinq préparations spécialisées, à ce jour : au concours externe ou interne de gardien de la paix (PCGP), au concours externe et interne d'officier de police (PCOP), au concours externe ou interne de commissaire de police (PCCP), au concours externe de commissaire des armées (PCCA) ou encore au concours complémentaire de magistrat administratif ou financier (PCMA/F).
Il le fait par le biais d'une structure légère et souple : en 2011/12, pour 300 étudiants ou candidats environ, près de 4 300 heures cours ont été assurées dont près de 1 200 pour la seule PGCE, le tout sur trois salles et demie seulement par semaine, avec l'appui d'un agent de catégorie B et de trois agents de catégorie C, mais aussi de trois enseignants affectés et de quelque 80 autres enseignants de LAP ou intervenants des préparations, dans le cadre d'un budget annuel de 200 000 euros environ, autofinancé à 80 %.
Parvenu à mi-mandat, donnons ici un aperçu rapide de la situation de l'IPAG de Paris, au regard de son public, de son activité et de son environnement :
1. Un public diversifié, mais à dominante juridique
Les effectifs de l'IPAG de Paris ont sensiblement augmenté depuis la rentrée 2009, à l'exception des inscrits dans les préparations aux concours internes dont le nombre a baissé, au début de cette année universitaire 2011/12.
Ils sont ainsi, au total, 314 inscrits sur l'année 2011/12, contre 263 en 2010/11 et 220 en 2009/10, soit une progression de l'ordre de 20 % chaque année depuis trois ans. Parmi eux, on mentionnera les étudiants de LAP dont le nombre à doublé sur trois rentrées universitaires pour passer de 25 à 36, entre 2009 et 2010 et de 36 à 49 entre 2010 et 2011.
Le profil des étudiants et candidats de l'IPAG de Paris est diversifié. Cependant, les effectifs de l'IPAG se caractérisent par une forte proportion de juristes par rapport à la moyenne des autres Centres (dans les Instituts d'Etudes Politiques) ou Instituts (dans les Universités) de Préparation à l'Administration Général et par un niveau élevé de formation initiale.
- en LAP, la grande majorité des étudiants sélectionnées sont issus d'une filière lettres, langues ou sciences humaines (60 %) et, alors qu'un niveau L2 est exigé pour s'inscrire dans cette année de L3, la même proportion (58 %) sont titulaires d'un diplôme universitaire supérieur ou égal à la licence, ce qui dit bien l'objectif de transformation que cette formation initiale permet de réaliser en direction, notamment, d'un Master 1 de droit public ou de science politique, diplômes nationaux accessibles à Paris II ou de la Préparation générale au concours externes (PGCE) que l'IPAG de Paris propose.
- dans cette PGCE, plus de la moitié des candidats possèdent déjà un Master 2 (quand le niveau L3 étant le plus souvent requis pour se présenter aux concours administratifs externes de catégorie A). Et, presque la moitié des candidats (48%) sont issus d'une filière juridique. De plus, alors que 50 % proviennent d'une université francilienne (mais la moitié seulement), ils ne sont que 7% à avoir été inscrits préalablement à Paris II, ce qui démontre combien l'IPAG de Paris contribue à désenclaver l'Université de Paris II dont elle est une composante, en l'ouvrant sur le vaste monde qui lui est extérieur : hors du droit et des autres sciences sociales, hors de l'Ile-de-France et hors de l'établissement.
Or, cette ouverture, c'est aussi dans la préparation générale ou dans les préparations spécialisées aux concours internes de catégorie A qu'elle est réalisée : pour ne représenter encore que 20 % des préparations de l'Institut, deux tiers seulement de ces candidats internes sont des agents de l'Etat : 31 % de catégorie A (pour la plupart des enseignants), mais aussi 38 % de catégorie B. L'IPAG de Paris, ce n'est donc pas seulement la diversification des recrutements internes ; c'est aussi la promotion des fonctionnaires recrutés.
2. Des formations au contenu adapté aux missions de l'IPAG
Eu égard aux exigences de la licence en droit - mention administration publique, comme des programmes des concours, l'IPAG de Paris propose une offre de formation diversifiée, à dominante juridique mais pas seulement : en effet, des matières comme l'économie, la science politique, l'histoire, la géographie, sont largement enseignées en LAP et dans les préparations.
L'existence de plusieurs préparations - deux générales et cinq spécialisées dont les trois de police sont dédoublées entre concours interne et concours externe - permet, en outre, d'assurer une palette disciplinaire très large dont bénéficient tous les candidats puisque la plupart des cours des préparations sont mutualisés et beaucoup d'entre eux ouverts à tous.
Les enseignements prennent aussi en compte largement les besoins en termes de méthodologie des étudiants de LAP ou des candidats des préparations, tant pour les compositions que les questionnaires à réponses courtes ou multiples les notes d'analyse ou de synthèse, les rapports administratifs ou les épreuves orales : exposés-discussion, entretiens de recrutement, oraux professionnalisés, etc.
En LAP comme dans les préparations, cette attention portée à la méthodologie a été confortée par la mise en place, depuis la rentrée 2011/12, d'un calendrier rigoureux d'entrainements écrits, notamment les galops d'essai du Jeudi après-midi, en LAP, et les entraînement du Samedi matin, dans les préparations. La fréquence et la régularité de ces exercices visent à insuffler un vrai rythme de travail aux étudiants, mais aussi à préparer les candidats aux épreuves des concours, de façon progressive, mais exhaustive.
Enfin, la formation à l'IPAG est prolongée par l'organisation régulière de conférences sur des thèmes importants de culture générale ou d'actualité.
3. Des enseignants et intervenants issus de l'Université et de l'administration
L'IPAG de Paris fait appel - on l'a dit - à près de 80 enseignants et intervenants au total, LAP et préparations réunies. Il s'agit, à 40 %, d'universitaires : professeurs et maîtres de conférences, notamment pour les cours ou les travaux dirigés en droit et en économie.
Les autres enseignants et intervenants sont des professionnels issus, le plus souvent, de l'administration active de l'Etat ou des collectivités territoriales : par exemple, la LAP met à contribution plusieurs administrateurs des services de l'Assemblée nationale ou du Sénat, en travaux dirigés. Et, dans la Préparation générale aux concours externes, plusieurs cadres des grandes administrations de l'Etat (Services du Premier ministre, Budget, Intérieur, Justice) assurent des cours. De même, dans les préparations spécialisées, d'autres intervenants de haut niveau apportent leur connaissance du milieu professionnel concerné : officiers ou commissaires de police ; commissaires des armées ; conseillers des tribunaux administratifs, etc.).
La participation de ces professionnels d'expérience permet ainsi d'ajouter aux connaissances théoriques des candidats un éclairage technique qui est en adéquation avec l'actuelle professionnalisation des concours.
Par ailleurs, ces intervenants ou d'autres personnalités extérieures à l'IPAG sont invités à présenter leur métier dans le cadre de conférences d'orientation professionnelle, consacrées successivement aux différentes fonctions publiques afin d'informer avec précision les candidats des différents concours et faciliter de la sorte leur insertion professionnelle dans l'administration publique.
En conclusion, je dirai un mot des résultats déjà obtenus et des objectifs encore à atteindre :
Les résultats déjà obtenus, en deux ans et demi, sont encourageants :
- en LAP, formation enfin alignée sur la licence générale en droit, sous réserve de son accès direct, mais sélectif en L3, à partir de n'importe quel diplôme sanctionnant deux ans d'études supérieures, sur 36 inscrits, 21 étudiants ont été admis, en 2010/11, soit un taux de réussite de près de 60 %, à mi-chemin entre celui de L1 de droit (50 %) et celui de L3 de droit (75 %), à l'Université de Paris II ;
- dans les préparations, désormais diversifiées et professionnalisées, il est difficile de mesurer le taux de réussite obtenu par l'IPAG de Paris : d'une part, l'Institut manque d'informations sur les concours présentés par ses candidats, et donc sur leurs résultats ; d'autre part, les données de contextualisation sont également compliquées à obtenir, malgré les efforts récemment engagés en ce sens dans le cadre de la Conférence nationale des directeurs d'IPAG-CPAG.
Il apparaît, cependant, au vu des statistiques réunies depuis trois ans, que l'IPAG de Paris se situe dans la moyenne des autres centres et instituts en termes de résultats : c'est ainsi que, pour l'année 2009/10, un gros tiers (38%) des candidats étaient admissibles et une petite moitié de ces admissibles (43 %) étaient admis.
Quant aux objectifs encore à atteindre, ils sont ambitieux :
- diversifier l'offre de formation initiale en administration publique dans le cadre
. d'un Master 1 créé ou à créer lors de la campagne 2014 ouverte pour la période d'habilitation 2014/19,
. mais aussi de deux nouvelles préparations mise en place dès la rentrée 2012 : l'une au concours d'officier de sapeurs-pompiers ; l'autre au concours de secrétaire des affaires étrangères ;
- accroître la part des candidats internes dans la préparation générale et dans les préparations spécialisées aux concours de la police ;
- augmenter le taux de réussite au diplôme national de la licence en droit - mention administration publique LAP et à l'admission aux concours administratifs, en particulier au concours externe ou interne d'accès aux Instituts régionaux d'administration (IRA).
Voilà trois objectifs clairs et précis pour lesquels l'IPAG de Paris se mobilise depuis le début de la présente année 2012. De leur réalisation ou non et, dans le premier cas, de leur réalisation totale ou partielle, il sera rendu compte, ici même. Car, selon la volonté du révolutionnaire constituant, l'administration, ce n'est pas seulement la mise en œuvre du principe d'égale admissibilité aux emplois publics (Déclaration de 1789, art. 6) dont l'IPAG de Paris est l'acteur vigilant ; c'est aussi le principe de l'obligation faite à tout gestionnaire public de rendre compte de son administration (ibid., art. 15) dont le directeur de l'Institut est l'observateur scrupuleux.
Professeur Olivier GOHIN
Université Panthéon-Assas
Directeur de l'IPAG de Paris
mise à jour le 3 avril 2012
L'Institut de Préparation à l'Administration Générale (IPAG) de Paris, composante de l'Université de Paris II, se situe 122 rue de Vaugirard dans le 6ème arrondissement, angle rue de Vaugirard et boulevard du Montparnasse
Métro : lignes 4 - station Saint-Placide, 10 ou 13 - station Duroc et 12 - station Falguière Bus : lignes 28, 82, 89 ou 92 - arrêt Maine-Vaugirard.
Le code d'accès à l'immeuble est 124 + symbole "cloche".